Club d’Astronomie de Lyon Ampère

Histoire des projets scientifiques...

jeudi 31 mars 2005 par webmaster

C’est dans les statuts de l’association : le développement de projets à caractère scientifique et technique. Cet article essaye de retracer les grands moments du club dans cette voie. Nous n’aborderons pas l’utilisation de projets pour le grand public (construction de lunettes astronomiques...) mais bien les projets menés par des membres du club.

Tout premier projet : la radio astronomie en bande FM...

Au début des années 1980, le club avait développé un projet particulièrement innovant pour l’époque : un radio-télescope. Sous l’impulsion d’un membre, et avec l’aide du fondateur du club (Gilbert Cros), l’électronique fut construite et une grande antenne était utilisée pour capter le rayonnement solaire qui était la cible visée. C’était aussi l’époque du début de l’informatique et le club s’était doté d’un ordinateur PET/CBM 4032. Ce fut l’occasion de faire de l’imagerie solaire sur ordinateur. Le résultat était bien moyen et l’image du Soleil peut reconnaissable, mais c’était le résultat d’un travail de plusieurs membres du club, une complémentarité toujours indispensable à ce type de projets.

Le club a pu un jour récupérer un micro-densitomètre. Cet appareil permet de mesurer l’intensité d’un faisceau lumineux passant à travers, par exemple, un négatif. Un négatif de Mars avait été ainsi numérisé « manuellement ». La résolution devait tourner autour de 20dpi, mais c’était un exploit pour l’époque. L’appareil avait été ensuite motorisé et un convertisseur reliait directement la mesure à l’ordinateur (cette carte, appelée D-0804, était à base d’un convertisseur Analogique-Numérique ADC-0804 et se branchait sur le PIA de l’ordinateur). Un négatif de la nébuleuse M17 avait ainsi été numérisé avec une résolution de 17 lignes de 500 points chacunes ! C’était le début, au milieu des années 1980, de l’informatisation de l’astronomie...

Déja le numérique !

Un groupe du CALA, non encore baptisé SAGAS et composé de cinq personnes (Eric DANNAOUI, Pierre FARISSIER, Jean-Baptiste FELDMANN, Jacques-Olivier FORTRAT, et Alain GARNIER) a étudié les phénomènes mutuels des satellites de Jupiter. Tous les 6 ans environ, le plan des satellites coïncide avec celui du système solaire. Il s’ensuit alors des phénomènes mutuels comme des occultations entre satellites, ou des éclipses. Ces phénomènes sont extrêmement importants car une bonne datation permet une très grande précision sur les mesures de position. A noter aussi que c’est grâce à ces phénomènes mutuels qu’Olaüs Römer, un astronome danois travaillant à l’Observatoire de Paris, mesura en 1676 pour la première fois la vitesse de la lumière avec une assez bonne précision pour l’époque.
Lors d’une mission au télescope de 60cm au Pic du Midi, deux expériences ont été menées :

Photographie

Manip nocturne

Utilisant un télescope de 200mm de construction amateur (f/d=6) et un télescope type Celestron 8 (200mm, f/d=10) du commerce, le groupe a fait des photographies à intervalles réguliers des satellites de Jupiter. La luminosité des satellites éclipsés ou occultés a ensuite été mesurée par une cellule photo-électrique pour en tracer leur courbe de luminosité en fonction du temps. Plusieurs problèmes ont été rencontrés : maîtrise difficile des différents paramètres lors des prises de vue (temps de pose, changement de pellicule...) et plus spécifiquement la difficulté à mesurer l’heure de chaque pose. Les films de l’époque n’étaient pas assez sensibles et imposaient des poses de 10s environ.

Vidéo

La vidéo

En parallèle, une expérience vidéo a été menée lors d’une mission à l’Observatoire du Pic du Midi de Toulouse, au télescope de 600mm (f/d=3.5) mis à disposition des amateurs. Sept phénomènes ont été enregistrés sur bande VHS. Plusieurs problèmes techniques ont été rencontrés : panne de magnétoscope due à l’altitude, faible sensibilité de la caméra vidéo utilisée, qualité VHS moyenne par rapport à la précision nécessaire, calibration de la base de temps difficile, parasitage du signal par les moteurs du télescope... Enfin, le dépouillement des films s’est avéré très difficile. Un montage à base de photo-diodes a été utilisé, mais il a été aussi peu précis qu’une simple estimation visuelle. Une technique de digitalisation des images a été envisagée, mais les budgets du club ne le permettait pas.

L’analyse des observations astronomiques reste le travail le plus complexe pour des amateurs, et c’est peut-être dans ce domaine que l’aide des professionnels est la plus demandée. Toutefois, cela a été une expérience formidable de part l’accueil du personnel de l’Observatoire du Pic du Midi de Toulouse, mais aussi de part l’intérêt porté par le Bureau des Longitudes (plus particulièrement William THUILLOT) sur les travaux du groupe. Ces Phémus 85 auront sans aucun doute été à l’origine du groupe SAGAS : SAtellites Galiléens et AStéroïdes ; ce groupe fut un des plus actifs du club, sous l’impulsion de Jacques-Olivier FORTRAT et Olivier Thizy.

Le SEPEC

le SEPEC

Au cours des dix ans qui suivirent, le club développa plusieurs méthodes d’observations de ce type de phénomènes. Un appareil photographique fut modifié et motorisé pour par exemple, faire un « filé » des satellites et ainsi enregistrer le phénomène sur une traînée d’étoile. Un système de LED clignotant servait de base de temps. Ce dispositif fonctionna à merveille et un article dans une revue française décrivait son fonctionnement. Il fut nommé SEPEC : Système d’Enregistrement Photographique En Continu. L’utilisation de la vidéo fut aussi utilisée pour faire des enregistrements de ces phénomènes. La campagne 1991 fut notamment bien suivie par le club.

Le groupe a aussi fait preuve de dynamisme à de nombreuses reprises : présence au rassemblement de Nantes ; participation à plusieurs rassemblements régionaux de l’Union Rhône-Alpes des Clubs d’Astronomie - URACA (Roland BONINSEGNA de l’EAON à Lyon, William THUILLOT du BdL à Bourg-en-Bresse, François COLAS du BdL à Grenoble, et Olivier THIZY à Lyon) ; présence à une rencontre internationale d’astronomes professionnels à Teramo, Italie ; organisation de Points Rencontres au sein même du CALA ; etc... Le groupe SAGAS a également toujours essayé de publier ses recherches et ses résultats. Tout d’abord dans le journal interne du CALA où pas moins de 15 articles (et 15 pages) ont été publiés, puis dans des documents divers d’origine externe (‘Proceeding of the Teramo workshop’, résultats sur l’occultation de 28 Sgr par Titan, compte-rendu de Nantes, note technique #17 du BdL...) ; mais aussi dans des revues d’astronomie amateurs à diffusion nationale (deux articles dans Pulsar). Ces interventions et publications diverses ont permis au groupe SAGAS de faire connaître le CALA au sein de la communauté des astronomes amateurs.

Disparition de 28 Sgr (occultation par Titan)
Enregistrement SEPEC (3 Juillet 1989)

Le 3 Juillet 1989, un phénomène astronomique exceptionnel se produisit. La planète Saturne passait devant une étoile de 6ème grandeur : 28 Sgr. Alors que les Américains ont pu observer le passage des anneaux de Saturne devant cette étoile, l’Europe et notamment la France était très bien placée pour l’observation de l’occultation de 28 Sgr par le satellite de Saturne : Titan. Phénomène extrêmement rare que le groupe SAGAS a observé en vidéo et bien entendu avec le SEPEC. L’enregistrement montre bien le phénomène mais surtout un « flash » central lié à un effet loupe de l’atmosphère de Titan... pour la première fois, des astronomes amateurs mettait en évidence l’atmosphère de Titan !!!

Autres projets

Le club fut également actif pour l’observation des occultations d’étoiles par les astéroïdes. Dans les années 1990, les prédictions étaient peu fiables et on observait une occultation positive pour environ 50 observations négatives... de quoi démotiver plus d’un observateur ! L’association s’est dotée d’une radio captant les signaux horaires.

Un petit groupe a aussi observé pendant un an environ les occultations rasantes d’étoiles par la Lune. Les prédictions était assez fiables, mais le groupe devait se déplacer pour être bien placé et ainsi voir des occultations multiples, signe du profil montagneux de la Lune.

Un autre groupe, GAPEN, a développé ses connaissances dans la photographie astronomique. L’apprentissage de ces techniques est indispensable même si de nos jours les instruments ont changé (plus numériques).

Télescope ECMAZ

Dans les années 1990, la technologie CCD se développe rapidement au sein de l’astronomie amateur. Un groupe de projet se crée au CALA pour définir la meilleure caméra par rapport à un budget défini par le Conseil d’Administration. Une caméra CCD HiSis 22 fut achetée par le groupe et plusieurs membres du club ont ainsi pu se former à cette technique.

Enfin, la construction d’instruments divers a commencé très tôt au club. Mais le groupe ECMAZ (Etude et Construction d’une Monture Alt-Azimutale) fut celui qui eu le plus d’audace en se lançant dans la construction d’un télescope motorisé et informatisé. La monture et le miroir fut construits mais l’électronique ne fut pas achevée. Etalé sur plusieurs années, le projet fut confronté à une difficulté majeure : l’éclatement des membres du groupe de par les études.

Groupe à AstroQueyras

Aujourd’hui, plusieurs membres du club font de la spectroscopie d’assez haut niveau avec l’observatoire du pic de Château-Renard géré par l’association AstroQueyras. Des missions sont régulièrement organisées autour de ce thème, mais également autour de la photométrie d’astéroïdes en collaboration avec des astronomes professionnels et d’autres amateurs. Des voyages « à thème », comme la visite du VLT au Chili, ou d’observation d’éclipses sont aussi organisés par certains membres. Mais ces initiatives ne fédèrent pas suffisamment d’adhérents, et n’utilisent que trop peu « l’outil observatoire ». Avec le développement récent d’instruments personnels performants, le club doit certainement se recentrer sur le développement de projets avec une plus forte collaboration avec les professionnels... et impérativement moderniser son observatoire.


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