Club d’Astronomie de Lyon Ampère

CALA/AstroQueyras : Mission Comètes 96 (2/2)

mardi 13 janvier 2004 par webmaster

Après un réveil assez tardif, nous avons passé la journée de Dimanche à préparer nos observations futures. Grâce à la connection internet, nous avons pu nous relier au serveur de l’Union Astronomique Internationale et télécharger les derniers éléments des comètes de notre programme. Nous avons également pu ajouter à notre programme une comète récemment découverte : Lagerkvist (C/1996 R2). Grace au logiciel de cartographie MegaStar 3.0, nous avons pu aisément faire des cartes de repérage.

La deuxième nuit, Stéphane et Olivier ont utilisé le T620 pour imager en CCD de nombreuses comètes, dont certaines vraiment très faibles. Xavier a de nouveau fait des photographies tandis que Régis a fait des images de Hale-Bopp et Tabur sur le C8. La nuit a été très glaciale, avec la présence d’un large troupeau de moutons qui circulaient autour des télescopes ; mais comme on dit en patois local "Vacho amoun fillio aval" ("vache en amont, fille en aval"), proverbe qui s’applique aussi aux moutons !...

La salle de contrôle du T620 a fonctionné globalement avec trois PC : un pour le pilotage du télescope, un avec MegaStar 3.0 pour avoir les coordonnées exactes de chaque objet visé, et le troisième pour l’acquisition des images et le contrôle de la CCD. Le télescope était installé en configuration f/5, avec réducteur de focale 1/3, ce qui donne un champ de 8’x5’ sur les images CCD. Seule la caméra de Jacques a fonctionné avec cette combinaison optique, pour des problèmes de distance entre le réducteur de focale et la matrice CCD. En effet, les trois caméras HiSis22 étaient différentes ! Nous avons eu de plus plusieurs problèmes de mise en route du télescope : logiciel de pilotage qui a planté à plusieurs reprises, raquette de contrôle défaillante...

Après ces problèmes de mise en route, la nuit s’est très bien déroulée. Les comètes se sont succédées sur l’écran de l’ordinateur les unes après les autres. C’est la comète Hale-Bopp qui a eu le plus de succès. Plusieurs cris d’admiration se sont fait entendre quand l’image est apparue sur l’écran de l’ordinateur pour la première fois. Sept raies sont bien visibles sur les images, de taille impressionnante au T620, tandis que six seulement sont visibles sur les images prises au C8. Stéphane travaille en ce moment sur la corrélation entre ses observations visuelles et les images CCD. Il cherche à définir les meilleurs traitements informatique qui lui permettront de retrouver la vision à l’oculaire.

Les autres comètes ont suivi : 78P/Gehrels 2 (tres faible... si vue ?), 46P/Wirtanen (brillante... si ce n’est pas une galaxie qu’on a pointe !), P/1996 N2 Elst-Pizarro (longue queue de plus de 3’), la récente C/1996 R1 Hergenrother-Spahr (condensée, ronde, quelconque mais facile), 57P/du-Toit-Neujmin-Delporte (superbe queue ; bien visible au C8), la petite derniere : l’inprononcable "Lagerkvist" (ronde, faible au T620), 119P/Parker-Hartley (faible mais bien visible au T620 ; deplacement rapide), 121P/Shoemaker-Holt2 (plus brillante que la précédente), 111P/Hélin-Roman-Crockett (très très faible au T620), 81P/Wild2 (aspect presque stellaire)...

Le T620 avec la CCD HiSis 22.

La journée de Lundi a commencé fort tard : lever vers 15h ! Le temps d’émerger, de faire quelques sauvegardes, la nuit est arrivée très vite. Nous avons eu la visite de journalistes locaux qui préparaient un article sur l’observatoire. Malheureusement pour eux (et pour nous !), le ciel est resté couvert la plus grande partie de la nuit malgré les prévisions optimistes de la météorologie nationale.

Nous en avons alors profité pour faire les sauvegardes de nos images, et pour commencer quelques traitements. Régis a persévéré dans le traitement avec QMips32. Après plusieurs heures de traitement manuel pour faire une image, il a enfin ouvert la documentation pour se rendre compte qu’il pouvait faire la même choses de façon plus automatique. La deuxième image ne lui a pris que trente minutes ! Une courte éclaircie nous a toutefois permis de faire quelques images de Tabur au T620.

L’équipe au complet...

Au vu des prévisions pessimistes de la météo, nous avons déscendu les voiture plus bas dans la vallée le Mardi. Un groupe est déjà resté coincé à l’observatoire suite à une forte chute de neige, et Jacques ne souhaitait pas renouveler l’expérience — qui fut fort coûteuse pour l’association AstroQueyras ! Nous en avons aussi profité pour faire la maintenance du groupe électrogène et l’entretien du télescope. Entre autre, l’équilibrage d’un tel monstre nécessite une grande dextérité. Nous avons également ajusté la pression sur la vis tangeante pour éviter que les moteurs ne forcent trop puis bloquent.

La quatrième nuit fut entièrement couverte d’un nuage givrant, et nous avons trouvé une fine couverture de neige au petit matin. Nous avons passé la nuit à discuter autour de la table...

Jacques Boussuge.

La météorologie ne nous a pas été favorable la journée de Mercredi. Jacques est allé descendre sa voiture plus bas dans la vallée alors que la neige tombait légèrement sur l’observatoire. Nous avons également fait de nombreuses copies de fichiers sur le disque Magneto-Optique puis en gravure sur un CD-ROM. Les fichiers sont ainsi disponibles rapidement par l’ensemble de l’équipe...

Le soir, nous avons vu une drôle de secte autour de la table : la secte des micros portables ! Puis, le repas du soir a été bien arrosé ; l’omelette préparée par Xavier ayant été succulente.

La neige est tombée plus forte le Jeudi, surtout en fin de soirée. L’observatoire s’est vite recouvert d’un fine pellicule blanchâtre. Le ciel est désespérément resté couvert toute la nuit. Nous en avons donc profité pour ’surfer’ sur internet et traiter nos images CCD en parallèle. Plusieurs CD-ROM ont également été gravés ; chacun est ainsi reparti avec les images brutes de la mission.

Comme Stéphane avait écrit sur internet qu’il avait vu la magnitude 8 à l’oeil nu dans la nuit de Samedi à Dimanche, une polémique a rapidement démarré sur la liste internet ’aude’, liste très orientée CCD mais sur laquelle la bonne humeur est de coutume. Nous avons donc médité sur le proverbe en patois local : "La poula qui cacarléo n’ai pas a quello qua faiche l’uo" (la poule qui caquette n’est celle qui a fait l’oeuf")... et sur le proverbe chinois lancé par Xavier : "Quand l’astronome montre la lune, l’imbécile regarde le doigt" !

La météo s’annonçant de plus en plus mal, nous sommes partis plus tôt que prévu, le Vendredi. Nous avons ainsi évité de nous retrouver sous une forte tempête de neige, annoncée pour la fin de semaine.

Cette mission, bien qu’inférieure à nos attentes en terme de résultats, nous a donné plus que l’envie de revenir sur ce superbe site. La mission ’Comètes 97’ n’a pas pu se faire à St Veran et s’est donc faite à l’observatoire du CALA (Hale-Bopp nous ayant beaucoup occupé pendant l’année), mais la mission ’Comètes 98’ à St Veran est déjà en préparation...

Informations techniques

Coordonnées de l’Observatoire :
- Longitude : 6°54’24" Est
- Latitude : 44°41’52" Nord
- Altitude : 2931 mètres


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